Rappelons ici la méthodologie que nous avons mise en place pour tenter d'apporter des éléments de réponse :

1. Nous récoltons tous les jours, à heure et critères de recherche fixes, un corpus significatif de résultats de recherche d'actualités centrés sur chacun des cinq principaux candidats ci-dessus cités ;

2. Ces corpus ainsi récoltés sont ensuite soumis à une analyse de contenu rigoureuse selon deux axes :

- l'axe dit "X_Propose" : "X" pour candidat, soit : Bayrou, Hollande, Marine Le Pen, Mélenchon ou Sarkozy. "Propose" est ici employé de façon générique. Il regroupe des verbes d'attitude ou d'opinion tels : proposer, annoncer, promettre, souhaiter, vouloir, s'engager, etc. Typiquement, il s'agit de repérer des formes argumentatives telles que par exemple : Bayrou annonce..., Hollande propose, Marine Le Pen souhaite... etc. Ce premier axe a conduit à construire l'indice dit "X_Propose".

- l'axe dit "X_Conteste" : "X" pour candidat (chacun des cinq candidats). "Conteste" étant ici aussi utilisé de façon générique. Il regroupe des verbes d'attitude ou d'opinion comme : contester, dénoncer, accuser, refuser, protester, critiquer, rejeter, s'opposer, railler, etc. Typiquement, il s'agit de repérer des modèles argumentatifs tels que, par exemple : Bayrou rejette..., Hollande dénonce..., Marine Le Pen conteste... etc. Ce deuxième axe a conduit à élaborer l'indice dit "X_Conteste".

3. la moyenne des deux indices ("X_Propose" et "X_Conteste") nous donne un indicateur général de l'imprégnation médiatique en "propositions" et en "contestations" des candidats, indicateur dénommé IMPC (Imprégnation Médiatique en "Propositions" et "Contestations").

Pour bien mettre en évidence la dynamique de la mise en scène médiatique autour des cinq candidats retenus, nous nous servons d'outils graphiques de visualisation des processus dans le temps (Processus "X_Propose", "X_Conteste" et "IMPC"). La valeur centrale (la moyenne générale) est représentée par une ligne horizontale, ainsi que la limite de contrôle inférieure ("LC_Inférieure") et la limite de contrôle supérieure ("LC_Supérieure"). Ces deux valeurs représentent théoriquement les limites à l'intérieur desquelles les processus mesurés sont censés évoluer. Toute variation en dehors de ces limites ne peut être due qu'à des causes spéciales à rechercher dans la dynamique de la campagne et de sa couverture médiatique.

Ce rappel méthodologique fait, nous vous présentons ci-après les résultats et observations concernant la période du 12 au 17 mars 2012.

X_Propose_12_17mars.png1. Sur l'axe "X_Propose" de la période du 12 au 17 mars 2012 que faut-il retenir ?

- C'est un peu inattendu, compte tenu des sondages d'opinion contrastés de ces derniers jours, mais nos résultats indiquent que François Hollande a manifestement repris la main sur l'axe "X_Propose". Du 13 au 17 mars, son "volontarisme" affiché, ses propositions, annonces et promesses... ont eu significativement plus d'impact médiatique que les positions de Nicolas Sarkozy sur le même axe. Au regard des résultats de la période précédente, on peut dire qu'il y a eu inversion des courbes, mais cette fois-ci à l'avantage du candidat Hollande.

- Autre résultat important à relever : la performance de Marine Le Pen. Sur cette période du 12 au 17 mars, elle a visiblement mieux impacté les médias en ligne que Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou quant à ses actes de parole associés à l'axe "X_Propose". Faut-il y voir pour elle un "effet 500" ? (les 500 précieuses signatures qu'elle a finalement obtenues).

X_Conteste_12_17mars.png2. Sur l'axe "X_Conteste" de la période du 12 au 17 mars 2012 que faut-il retenir ?

- Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont restés les meilleurs sur cet axe de la "dénonciation"/"contestation". Mais, hormis le 12 mars où ils ont tous les deux réalisé des percées spéciales, rien d'extraordinaire par la suite.

- En revanche, on note que François Bayrou a remarquablement "haussé le ton" le 13 mars et le 17 mars. Le 17 mars en particulier, il est même parvenu à être le plus visible/audible sur cet "axe à haute tension".

- Enfin, il apparaît que du 14 au 17 mars, Nicolas Sarkozy a nettement donné plus de la voix (sous forme de "dénonciations" ou d'"accusations") que son principal concurrent à l'Elysée, François Hollande. Ce dernier est apparu le plus discret sur ce axe, se retrouvant même hors de la limite de contrôle inférieure de ce processus les 16 et 17 mars.

X_IMPC_12_17mars.png3. Enfin, rappelons que l'indicateur IMPC mesure l'Imprégnation Médiatique en Propositions et en Contestations. Dit autrement, il s'agit de mesurer l'impact médiatique des prises de positions relativement tranchées des candidats. Cet indicateur permet d'avoir un regard plus global et paradoxalement plus nuancé du processus de mise en scène médiatique des cinq candidats ici retenus. Qu'observe-t-on alors, sous l'angle IMPC ? Eh bien, nous retiendrons trois points importants :

- François Hollande a bien été celui qui a le mieux impacté les médias français en ligne quant à l'ensemble de ses prises de position tranchées (en "propositions", "annonces"... notamment, mais aussi en "dénonciations"/"accusations"...). Sur cet axe IMPC, il aura obtenu deux percées spéciales le 14 mars et le 17 mars.

- Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont bel et bien réalisé des percées spéciales le 12 mars. Mais dans l'ensemble, du 13 au 16 mars, l'avantage a été pour Marine Le Pen. On peut penser que Jean-Luc Mélenchon a préféré "se retirer", le temps de préparer sa "re-prise de la Bastille"...

- La "montée en force" de Bayrou le 17 mars est à noter car, sur cet axe IMPC, il est arrivé à se hisser au deuxième rang après François Hollande, laissant Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sous la barre moyenne.

Tels sont les résultats de la période médiatico-politique du 12 mars au 17 mars 2012 que nous livrons à votre appréciation. Nous comptons sur vos suggestions pour nous améliorer.

Qui propose ? Qui conteste ? Qui gagnera ? Rendez-vous le 6 mai pour le bilan et peut-être pour la validation d'une hypothèse de recherche méthodologique sur l'analyse du contenu des médias en ligne.