EnfantAfricain_EnfantEuropeen.png Le "corpus enfants européens" se singularise par un usage plus massif des groupes sémantiques suivants : "jeux, cadeaux, vêtements et loisirs" ; "commerce" ; "droit, loi, conventions et justice" et "sécurité".

Ce qui saute aux yeux, c'est que "l'enfant européen" est clairement identifié comme une cible commerciale, un consommateur qui fait d'ailleurs l'objet d'une attention particulière des experts en marketing (Il faut savoir que le marché européen compte près de 500 millions de consommateurs, dont 25% sont des enfants). Il achète lui-même ou il fait acheter des biens (jeux, jouets, vêtements, etc, notamment à Noël) et des services. Il influence les choix de consommation de ses parents. Il représente un futur consommateur. Mais c'est un consommateur réputé vulnérable à tout point de vue ("l'enfant-roi" étant ici devenu "l'enfant-proie") . D'où le besoin manifeste de protection, de sécurisation, notamment par la loi, les conventions et la justice.

Le "corpus enfants africains" se singularise par une présence nettement plus significative des groupes sémantiques suivants : "photos, images, vidéos", "santé et médecine", "musique et spectacle", "violences, crimes et délits", "famine et autres catastrophes", "mort" et enfin "aide, assistance, solidarité et adoption".

On retiendra que "l'enfant africain" est significativement perçu, montré et mis en scène dans les discours en ligne analysés comme un enfant exposé à des problématiques lourdes et diverses : maladies ; accès aux soins sanitaires ; famine et malnutrition ; violences, exploitations et manipulations de toutes sortes etc. On notera aussi l'importance de la référence à l'action socio-humanitaire de façon générale comme une voie importante de salut de l'"enfant africain".

Mais, ne nous y trompons pas. Même vu sous cet angle, il y a des enjeux commerciaux autour de "l'enfant africain". Nous en voulons pour preuve un seul exemple. Le défi que représente la faim dans le monde - et plus précisément la malnutrition des enfants - est un enjeu commercial colossal. Selon la Banque Mondiale, il faudra consacrer 12 milliards de dollars par an contre la malnutrition. Il va sans dire que les "enfants africains" en particulier, qui sont malheureusement les plus exposés à ces fléaux, suscitent nécessairement l'appétit des marchands des aliments dits thérapeutiques prêts à l'emploi (APTE).