TroisEnjeuxStructurants_2015-2045.pngLe graphique ci-contre présente la configuration de ces trois "enjeux thématiques" projetés sur la période 2015-2045. On voit bien que les enjeux écologiques et énergétiques atteignent leurs pics autour de 2035. Quant aux "enjeux démographiques", ils atteignent leur pointe de "surchauffe" autour de 2040-2045.

Quel est le contexte ? Selon ces discours prédictifs et prospectifs, la civilisation industrielle, jusqu'ici dominante en matière de création de richesses, sera de plus en plus confrontée à la dégradation et à la rareté (voire à l'extinction pure et simple dans certains cas) des ressources naturelles (terres, eau, énergies en particulier). Or, tous les secteurs économiques sont dépendants de ces ressources. Facteur aggravant, la population mondiale continue de croître. Or là aussi, selon la fameuse équation de Kaya utilisée par le GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) pour mesurer les émissions de gaz à effet de serre, le volume démographique est un facteur clé de la pression que nous exerçons sur l'environnement. Il va sans dire que ce modèle de civilisation est pressenti comme fonçant droit vers ses limites. Les processus de création de richesses en seront donc bouleversés, à tout le moins nécessairement réorientés, de même que les règles de compétitivité.

EnergiesPolluantesVsPropres_2015_2045.pngAinsi que le montre le deuxième graphique ci-contre, en matière d'énergie, une réorientation vers les énergies propres et renouvelables (donc durables) est clairement à l'ordre du jour : 2020 semble se dégager comme un horizon temporel particulièrement important en ce domaine. Cette réorientation est évidemment nécessaire, mais force est de constater que les décideurs (politiques et économiques) ont du mal à trouver le mix-énergétique qui conjuguera à la fois respect de l'environnement (dimension écologique) et rentabilité (dimension économique). On voit, par exemple, les hésitations dans les choix stratégiques des candidats à la prochaine présidentielle française concernant la production d'électricité française. Par ailleurs, il faut savoir que les énergies alternatives nécessitent des investissements colossaux. Selon le Programme des Nations Unies pour l'Environnement, les investissements en matières d'énergies propres devraient atteindre 1900 milliards de dollars en 2020. Dans le contexte de crise financière qui secoue le monde occidental notamment, il semble bien que les décideurs tarderont à indiquer des axes forts pour un autre modèle de développement. Et pourtant, il nous semble que le marché des énergies renouvelables et propres (éolien, solaire, agrocarburants etc.) a un potentiel gigantesque. Mais pour saisir l'opportunité de transformer cette potentialité en réalité, il va falloir trouver de nouvelles méthodes de financement et une impulsion claire des Etats et des décideurs significatifs privés. Bref, relancer l'économie par un développement durable, tel serait le défi à relever pour l'avenir de la planète et de l'humanité. Aller donc vers un nouveau modèle de développement qui combinerait de bonnes orientations économiques et des choix énergétiques alternatifs. Car hélas, jusque-là, nous n'avons pas fait la preuve que nous pourrions vivre et nous développer sans énergie.