AccesMedica_AfriqAsieEurope_01Dans ce billet nous mettons en évidence (voir graphique ci-contre) l’évolution de l’évocation de la problématique de l’ « accès » dans des corpus de discours pertinents et représentatifs du web francophone centrés sur la thématique des « médicaments ». Ces corpus couvrent une période qui va du 1er janvier 2007 au 21 mai 2011.

(N.B. : Pour indication, il faut savoir que la notion d’ « accès » aux médicaments recouvre ici les questions de prix, de coûts, de brevets, d’approvisionnement, de stockage, de distribution, de disponibilité, de pénurie, d’embargo, etc.)

Du 1er janvier 2010 jusqu’à mai 2011, l’évocation de la problématique d’ « accès » a été nettement plus prégnante dans les corpus de discours sur les médicaments centrés sur l’Afrique que dans ceux mettant préférentiellement en scène l’Asie ou l’Europe. Toutefois, notons que si sur cette même période l’évocation de cette problématique tend à baisser significativement d’intensité dans les « corpus Europe », c’est plutôt l’inverse qui se produit dans les « corpus Asie ».

Ces accents différenciés sur la référence à la problématique de l’ « accès » aux médicaments dans les discussions et réflexions ne sont probablement pas sans lien avec les disparités socio-économico-géographiques réelles d’accès aux médicaments et avec les questions que cela suscite ici ou là.

A présent, focalisons notre regard sur l'environnement sémantique immédiat du référent "accès" tel qu'il est acté dans l'ensemble des corpus de discours analysés. Le graphe ci-après, réalisé sur la base d'une analyse des co-occurrences du référent "accès" nous permet d'identifier son univers de sens :

Graphe_AccesMedicaments_03

N.B. : Les pourcentages entre parenthèses indiquent le poids de co-occurrences.

Ainsi que le montre le graphique ci-dessus, les discours en ligne mettent l'accent :

  • d'une part, sur la nécessité d'améliorer l'accès aux médicaments et cela peut passer par des campagnes de sensibilisation et de mobilisation sur le problème.
  • d'autre part, sur la question spécifique de l'accès des "pays pauvres ou en développement" aux médicaments dits "essentiels" ou "génériques" et aux "soins médicaux" de façon générale .

Selon l'OMS, les médicaments dits "essentiels" sont des médicaments qui répondent aux besoins de santé prioritaires d'une population. Ils sont sélectionnés en fonction de la prévalence des maladies, de l'innocuité, de l'efficacité et d'une comparaison des rapports coût-efficacité. La liste modèle OMS des médicaments essentiels comporte 350 médicaments pour traiter des pathologies prioritaires telles le paludisme, le VIH/Sida, la tuberculose, pour certains domaines comme la santé génésique, et aussi pour les maladies chroniques, comme le cancer et le diabète. Les médicaments sont inscrits dans cette liste sous leur dénomination commune internationale (DCI), dite aussi nom générique, sans préciser le fabricant.

L'enjeu est de taille dans la mesure où les disparités géographiques d'accès aux médicaments sont pour le moins flagrantes. Dans un article à venir, nous montrerons que la problématique de la prévalence de maladies à forte morbidité est sensiblement plus préoccupante dans les pays pauvres ou en développement. Or, c'est malheureusement dans ces pays que le prix des médicaments est souvent plus élevé. Dans la plupart des pays développés, le coût des médicaments ne limite pas leur accès aux patients du fait de l'existence de systèmes de protection sociale assurant leur prise en charge. En revanche, dans les pays pauvres, ces protections n'existent tout simplement pas ou ne disposent pas de financements suffisants pour assumer des prix élevés.